Gris camlive

Malgré les efforts pour attirer l'attention, l’Argus s’éloigne sans avoir vu le radeau.

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Seuls deux hommes ne sont pas encore au courant - où ne veulent pas comprendre : dans une pénombre quasi-totale, sous la voile, un homme assis se tient la tête dans les mains, comme dans un accès de démence ; et le "père", l'homme barbu, plongé dans sa méditation. Elle est bien plus proche que le minuscule navire au loin , elle est presque aussi grande que le radeau, et n'a pas fini encore de grandir.

Elle risque fort d'engloutir le radeau, de jeter tous ses occupants à la mer, alors qu'ils étaient sur le point d'être sauvés.

Le moment de l’espérance à son comble et de la désespérance plus grande encore qui suivra, la voile s’éloignant à l’horizon.

Quelques heures plus tard cependant l’Argus repasse à proximité du radeau et cette fois l’aperçoit.

D'autant plus que la maigre voile du radeau, qui n'a pas dû servir à grand chose faute de gouvernail, se gonfle sous l'effet du vent.

On voit un orage qui se prépare, le ciel s'obscurcit à la droite du tableau : des nuages noirs s'amoncellent, le vent forcit.

Les 6 canots de sauvetage sont bien insuffisant pour les 400 occupants.

Une liste des passagers privilégiés est établie, les officiers aussi se donnent une place dans les chaloupes, de Chaumareys est d'ailleurs un des premiers à quitter le navire, sous la huée de l'équipage.

L'image est un peu sombre : Géricault a utilisé du bitume pour les noirs, technique en vogue à l'époque, mais qui a tendance à s'assombrir avec le temps - l'intention de l'artiste était donc de faire une image un peu plus claire que celle-ci.

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